|
|
|
Rien de tel que le débat public et contradictoire pour vider une crise aussi dramatique que celle qui vient de secouer la Guinée.
En attendant que les grands médias comme la RTG offrent à notre pays la tribune la plus propice à des joutes hygiéniques, libre à chacun de soliloquer en se servant de tracts, de papillons et de lignes d'internet.
C'est ce que nous entreprenons de faire à travers une série de papiers d'opinion qui seront autant d'invites faites aux guinéens à s'interroger, à élever la réflexion au-delà des réflexes épidermiques inhérents à tout mouvement d'ensemble, à toutes houles, à tout tourbillonnement de foules comme ce fut récemment le cas dans notre pays.
D'ailleurs est ce fini ? Le pire est -il derrière nous ? Non, car le ventre qui enfante de la terreur reste toujours fécond.
Rien de tel que la thérapie du consensus pour assécher le ventre du monstre, conjurer le mauvais sort. Rien de tel que la parole sincère, véridique pour susciter la compréhension et amener les uns et les autres à s'entendre.
Pour notre part, en revoyant le film de la crise, nous relèverons que :
1) L'objectif visé n'était ni plus ni moins que le renversement du régime et que cet objectif a été clairement affiché dès le départ.
2) L'organisation du mouvement était si bien menée qu'elle confinait à la perfection.
3) Les moyens (matériels et financiers) étaient énormes et avaient été rendus disponibles et utilisables avant le déclenchement de la grève.
4) La méthode employée a été celle de faire feu de tous bois dans un esprit de Jusqu'auboutisme violent.
5) Les leaders des syndicats et de la société civile ont voulu et dit exactement la même chose que Fodé Bangoura alors tout puissant ministre d'Etat, ministre chargé des Affaires Présidentielles dont la personnalité est pour le moins troublante d'ambiguïtés
6) Le mensonge a prospéré avec une aisance déconcertante tout au long de ces folles journées de crise, alimenté qu'il a été par des faux semblants et des amalgames ; constamment appuyé qu'il a été sur des impostures ; relayé qu'il a été par toutes sortes de canaux : comités de rumeurs, groupes de propagande et de subversion, presse écrite, radios, télévisions, Internet se faisant écho et se complétant dans un totalitarisme de pensée unique.
7) La désinformation a intoxiqué jusqu'aux têtes les mieux faites et parfois les plus hautes.
8) La rhétorique des slogans (genre : 50 ans ça suffit) était tout sauf spontanée.
9 Les axes géographiques de rebondissement et d'amplification des slogans et des émeutes étaient bien étudiés.
10) Les effets optiques étaient minutieusement recherchés tout comme les effets sonores.
11) La presse étrangère surtout française s'est puissamment mobilisée et a procédé à un lynchage médiatique dont l'intensité amène à douter de la sincérité et laisse soupçonner des intérêts hautement stratégiques.
L'un dans l'autre, tout a semblé si harmonieux, si parfait que l'on ne peut s'empêcher de se poser la question fondamentale de savoir : qui a fait quoi dans cette affaire ? Qui a conçu ? Qui a poussé à la roue ? Qui a agi ? Au compte de qui ?
Même si, in finé, les changements en vue remplissent d'espoir, n'aurions - nous pas pu faire l'économie de tant de vies humaines, de tant de destructions d'équipements sociaux, de tant d'outils économiques ?
Nous ne sommes pas loin de croire que, au-delà de faire tomber et faire partir Lansana Conté, l'objectif ultime visé par certains était de mettre la Guinée à feu et à sang et à la faire revenir sur certaines options fondamentales, capitales. Comme pour lui faire expier la faute irrémissible d'avoir dit Non le 28 septembre 1958. D'où le slogan "50 ans ça suffit". En d'autres termes, « l'indépendance de la Guinée ça suffit. Nous en avons assez des 50 ans d'indépendance de la Guinée. »
Ce qui vient de se passer chez nous s'est passé de manière si bien agencée, qu'il faut y voir sinon un complot mais tout au moins une action concertée, une conspiration .
Dès lors, posons-nous la question suivante : qui a fomenté le complot ? En effet, de même qu'il n'y a jamais d'horloge sans horloger, il ne saurait y avoir d'action de déstabilisation sans initiateur, il ne saurait y avoir de marionnette sans marionnettiste.
Nous sommes frappés par certains phénomènes prémonitoires, adjacents ou sous-jacents à la grève, à son déroulement et à ses effets. Nous ne saurions nous empêcher par exemple de nous remémorer les propos tenus bien de semaines avant la tragédie par certaines personnes et personnalités décrivant par le menu ce qui allait se passer et comment ça se passerait. Nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher les propos de ces gens de tout ce que nous avons vécu du début à la fin des évènements.
Nous ne pouvons fermer les yeux et les oreilles sur le cas qui est fait de certains hommes, le sort auquel on a destiné d'autres ou encore le traitement réservé à certains dossiers.
Même si le Chef de l'Etat en a trop fait en allant lui- même sortir Mamadou Sylla de prison, ce geste suffit-il à proclamer que cet homme d'affaires est à pendre haut et court ? Surtout que l'audit de deux des plus grands cabinets mondiaux d'experts a établi que l'Etat lui doit 22 millions de dollars ? De même les tribunaux guinéens n'ont-ils pas sommé la Banque Centrale de payer incontinent les 12 millions de dollars équivalent aux titres délivrés par cette institution à l'homme d'affaires et arrivée à échéance ?
C'est pourquoi, au nombre des sujets dont nous nous proposons de parler, figurera par exemple le dossier Futurelec-Etat parce que l'on a fait de cette affaire l'Alpha et l'Oméga de beaucoup de choses pour ne pas dire de tout.
En vérité, les guinéens doivent faire très attention à ne pas se laisser mener en bateau par des individus ou des puissances qui cherchent à remettre la souveraineté de la Guinée en cause et à faire main basse sur les richesses dont Dieu a doté notre pays.
Au demeurant, tout au long de nos interventions, les cas individuels ou les dossiers personnels aussi importants fussent-ils que le dossier Futurelec ne seront abordés qu'à titre illustratif pour mettre en exergue certains traits caractéristiques du dispositif d'endiguement et de sabotage mis en place par les forces de monopolisation de la Guinée.
Notre intention est d'alerter les Guinéens sur :
Qui l'a fabriqué ? Qui l'a lancé ? A quel moment a-t-il été lancé. Où l'a-t-on lancé ? Où a -t-il été repris ? Où a-t-il prospéré. Nous y reviendrons.
|
Copyright © 2007 Aminata.com. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). |